18 juillet 2015

Du lieu d’achat à notre nouveau port d’attache

Grande découverte, gros stress également, on y va à tâtons, cet engin de quelques dizaines de tonnes n’est pas ce qui se fait de plus manœuvrable, mais contre toute attente Greg semble avoir un don inné pour la navigation, sans doute le sang grec… Un vrai marin (d’eau douce)!

La première découverte: l’émerveillement face à la nature. On est en banlieue de Londres, une des capitales les plus peuplées et les plus vivantes d’Europe, et nous sommes là à avancer à la vitesse d’une tortue qui se laisse porter par le courant (qu’il n’y a pour ainsi dire pas), émerveillés par la nature, les oiseaux, les poissons, les plantes, les fleurs, le soleil, la tranquillité…

Au fur et à mesure de notre route on passe beaucoup de bateaux, on en croise quelques-uns, et on découvre un peu plus concrètement le large spectre de ce que la «communauté des boaters» peut inclure. Il y a les bateaux magnifiques, imposants, les plus petits mais très bien entretenus, les bateaux qui semblent abandonnés, et les rafiots de clodos, ce qui malheureusement n’est pas si rare. On s’imaginait un peu un monde de Bisounours, avec tout ce qu’on avait entendu sur «la communauté», l’entraide, la vie simple et bohème… On découvre qu’entre la Bohème et la Clochardise il n’y a qu’un pas que certains franchissent facilement.
On découvrira par la suite les discordes entre «anciens» et «nouveaux» et tous les types de boaters. Grosso modo, si on devait schématiser, il y a:

  • les vacanciers, ceux-là personne ne les aime, ce sont des familles ou des jeunes (souvent bourrés) qui ne connaissent rien et ne respectent pas grand-chose.
  • les occasionnels, ceux qui ont le temps et les moyens d’avoir leur bateau comme échappatoire ou comme «projet» pour s’occuper les weekends. Ils naviguent finalement peu, préfèrent généralement s’y retirer pour leur loisir/bricolage, prennent plaisir à l’entretenir, ou simplement pour boire une bière et pêcher.
  • les «vrais» boaters, ceux qui ont choisi ce style de vie par amour de celui-ci, ils sont souvent Continuous Cruisers c’est-à-dire qu’ils n’ont pas de port d’attache, la licence de navigation permettant de rester amarrer au même endroit pour 14 jours (parfois moins aux emplacements très passants ou touristiques). Ils ont des métiers qui leur permettent d’être mobiles ou plus généralement sont retraités, ils sillonnent les canaux toute l’année au gré de leurs envies. Ils connaissent tout ce qu’il faut savoir, les règles à respecter, les endroits où aller et quand y aller, la politesse, la facilité d’échanges, la bonne humeur et la séreinité.
  • les nouveaux boaters, souvent des jeunes fauchés qui ont opté pour le narrowboat comme solution cheap pour rester vivre dans Londres, souvent irrespectueux des règles mais aussi des autres, ils ont tendance à croire que tout leur est dû…
  • ceux comme nous, qui vivent sur leur bateau mais qui paye un mouillage (le mooring) ce qui inclut des services comme borne électrique, robinet d’eau, sanitaires communs, station de pump out (pour pomper les eaux noires) et même parfois un parking ou un espace de stockage.

Ce tableau dressé, on est loin de la communauté unie et soudée dont on nous avait tant vanté la bonne entente et l’entraide.

Nous allons donc découvrir ce que nous réserve notre mooring et ses habitants boaters…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.