Après environ 2h30 de navigation et sans encombre, nous arrivons à destination, notre nouveau quartier.
On commence à manœuvrer pour se mettre à notre emplacement, et les boaters qui étaient présents nous pressent de changer de ponton car celui-ci est pourri et donc dangereux… Ils nous aide à nous amarrer à un ponton libre et nous souhaitent tous la bienvenue, félicitant Greg pour ses manœuvres expertes et ne croyant pas un mot lorsqu’il annonce humblement que c’est la première fois qu’il conduit ce genre d’engin ! On nous offre même un café, et nous voilà conviés au barbecue qui avait lieu le soir même !
On pensait que c’était « ce qui se faisait », on aide les nouveaux à arriver, on leur tape la discute et on les inclut directement dans la vie du mooring. On découvrira par la suite que nous serons les seuls à être ainsi intégrés et appréciés directement ! Même si le BBQ n’était pas en notre honneur (comment aurait-il pu ? personne n’est jamais informé lorsqu’un nouvel arrivant débarque…) nous y avons été chaudement invités et accueillis, trouvant une vieille bouteille de vin qui avait dû nous être offerte à une occasion quelconque pour ne pas arriver les mains vides. Or nous nous sommes vite rendu compte que tout le monde n’était pas convié : c’est là que la saga que j’appellerai « Boaters : entre utopie, potins et trahison » a commencé.
Nous avons eu le droit à un historique du mooring, description idyllique des précédents résidents, c’était le monde des Bisounours jusqu’à ce que pour une raison encore sombre, ce petit village flottant commence à se déliter et que les habitants s’en aille un par un. D’après ce qu’on a compris, les torts seraient portés par un certain trouble-fête dénommé Marc. Celui-là même qui nous a gardé nos petites Terreurs durant nos déplacements. Ce type est détesté de tous à l’exception d’un boater. Sans doute ont-ils unis leur solitude.


Nous avons donc commencé à prendre nos marques, nous sentant bienvenus et appréciés de tous. Par moment nous ressentons cet esprit communautaire tant décrit, mais parfois il semble disparaitre aussi facilement qu’il est apparu. Bien sûr nous sommes tous différents, issus de tous les milieux, de tous les âges, en couple, seuls, en famille, et venant même de différents pays, ce n’est donc pas toujours évident de s’entendre ou simplement de s’intéresser à tout le monde mais finalement je pense que ce petit village que nous formons est assez représentatifs de l’exubérance et la folie de Londres et de ses habitants, transitoires ou permanents.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *